Programme éducation d’Emmanuel Macron : entre simplisme et démagogie

Emmanuel Macron, candidat à la Présidence de la République Française, a fait connaître ce jeudi, après de longs mois d’attente, son programme présidentiel, et notamment ses propositions en terme d’éducation.

Ce projet éducationnel, faisant partie d’un programme général ancré dans tradition libérale dure et éminemment condamnable, interpelle l’Union Nationale Lycéenne, premier syndicat lycéen de France, particulièrement sur 3 problématiques majeures :

  • La prétendue “modernisation” du baccalauréat, qui passerait notamment par l’instauration sur la majorité des épreuves d’un contrôle continu, est en réalité un leurre : la non-harmonisation des notes entre les différents professeurs ne le permet pas.

L’UNL préconise plutôt la mise en place de partielles dès la classe de Première, qui permettraient une évaluation progressive générant de fait moins de stress, et une meilleure harmonisation des notes, donnant à chacun.e les mêmes chances.

  • Demander à chaque lycée professionnel de publier ses “résultats” reviendrait à mettre en concurrence les lycées, donc de facto les lycéen.ne.s et ainsi à classer ces derniers en fonctions de leur niveau scolaire. L’Union Nationale Lycéenne préférerait voir augmenter les subventions de ces dits lycées professionnels, bien trop peu valorisés aujourd’hui, et en faire à nouveau une voie d’excellence. C’est à l’État de permettre à chaque élève d’accéder à un enseignement professionnel qualitatif et non en faisant de ces établissements des entreprises miniatures résidant sur la culture de la compétitivité.

  • “Renforcer et encourager l’autonomie des établissements” tendrait à mettre en place une privatisation de l’École et un système équivalent à celui développé lors du quinquennat de Nicolas Sarkozy pour l’autonomie financière des universités, qui fut et est encore un véritable échec. La solution avancée par l’UNL n’est pas là : il faut plutôt allouer plus de moyens à l’enseignement public, recruter massivement des enseignant.e.s qualifié.e.s, banaliser les rythmes scolaires en harmonie avec le rythme naturel des enfants et adolescent.e.s…

L’école tend dans ce projet, en définitive, à ne devenir qu’un vivier de travailleurs, et ses racines profondes d’ouverture sur le monde et d’apprentissage de la vie en société sont oubliées.

L’Union Nationale Lycéenne se demande également quels sont les projets du candidat d’En Marche! en matière d’éducation à la sexualité, à la citoyenneté, en matière d’intégration des lycéen.ne.s étranger.e.s dans le système éducatif, en matière de lutte contre les discriminations, d’assistance sociale dans les établissements, etc., et des moyens qui doivent être alloués à l’Éducation Nationale.

L’UNL sera particulièrement vigilante face à cette volonté de libéraliser le service public de l’enseignement et d’instaurer un marché de l’éducation. Elle condamne également avec force et gravité toute tentative qui pourrait s’y apparenter.

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